samedi 13 février 2010

L'auberge espagnole

Alors voilà, comme on trouve tous qu'on vit vraiment dans une auberge espagnole, on a décidé de regarder le film. Les apparts de chacun n'étant pas très grand, on s'est fait une "soirée filles" : 3 Françaises, 2 Américaines et 1 Espagnole (qui se sent tout autant étrangère en Catalogne que nous) !


Petite péripétie avant d'arriver : bien qu'habitant au 1er étage, les filles qui nous recevaient nous ont fait prendre l'ascenseur... et nous nous y sommes retrouvées coincées... et pourtant nous n'étions pas trop lourdes... Bref, extinction des lumières, grosse frayeur, angoisse croissante, appel de dépanneur dans l'ascenseur (heureusement qu'une Espagnole était là !) etc. Finalement, le concierge de l'immeuble nous a secourues... nous étions heureusement à la moitié d'un étage !
Donc plus de peur que de mal... mais je ne suis pas prête de reprendre SEULE un ascenseur, moi qui suis à moitié claustro...



Bref, donc après repas pizza puis séance photos pour rigoler et nous voilà devant l'ordi à regarder le film :


L'AUBERGE ESPAGNOLE
UNA CASA DE LOCOS ("Une maison de fous" en espagnol)
THE SPANISH APARTMENT ("L'appartement espagnol" en anglais)


Chose rigolote : le film était en français, sous-titré en anglais, mais finalement tout le monde pouvait entendre sa propre langue puisque ça parlait le français, l'espagnol, l'anglais et biensûr, on a eu droit au catalan !

Donc c'était vraiment sympa parce que typiquement ces Erasmus à Barcelone c'était NOUS :
  • la galère pour constituer le dossier Erasmus
  • tous les papiers nécessaires qu'on doit réclamer 15 fois
  • l'arrivée dans un appart pourri
  • le spleen des premiers jours
  • les cours en catalan et le prof qui refuse de parler castillan parce qu'il n'y a que 2-3 personnes qui ne le comprennent pas, alors pourquoi faire un effort, hein ? Dans le film, le prof dit même : "si vous vouliez parler espagnol, il fallait aller à Madrid, mais pas ici !"
  • puis la cohabitation avec ses colloc étrangers : l'Auberge Espagnole quoi !
  • les sorties organisées à droite à gauche, qu'il faut réussir à gérer avec les cours
  • et puis toutes les références à notre région : une fille qui venait de Tarragone, une sortie à Sitges alors qu'on y va mardi pour le carnaval, la plage, la Sagrada Familia etc.
Donc bref, un film super qui retranscrit notre histoire à la perfection !

Petit bémol tout de même : tous les Erasmus ne quittent pas leur copain/copine pendant le séjour ! Je compte bien garder mon JP, moi !!!!


dimanche 7 février 2010

Coso Blanco à Salou

Qu'est-ce que le Coso Blanco de Salou ?

Avant de commencer les explications, voici où se situe Salou par rapport à Tarragone : au sud et également en bord de mer !

La fête du Coso Blanco est une des principales fêtes hivernales de la région. C'est une fête très populaire qui a lieu tous les ans à Salou, le premier samedi du mois de février, pour fêter le carnaval.



La fête consiste en un défilé de chars (colla en catalan) décorés et des gens dansent devant, autour et sur le char.








Cette année, pour le 30ème anniversaire de cette fête, il y avait 20 chars, dont les thèmes de déguisements étaient très variés :
  • Shrek
  • le Japon
  • Venise
  • Mickael Jackson
  • l'Armée
  • les Pompiers
  • le cinéma
  • les prisonniers
  • les cochons
  • etc.




Spéciale dédicace pour les ENSIC : les Vikings vous rappellent-ils quelque chose ???


Les chars défilent donc dans les rues de la ville et il y a de la musique et un DJ qui met de l'ambiance, si bien que comme il faisait nuit, on avait l'impression d'être en "boîte de nuit" ! Voici une vidéo qui vous donnera une idée...





Mais le plus drôle c'est que durant les deux heures que dure le défilé, il y a des canons (canones) tout au long du parcours qui lancent des confettis. Les gens du défilé ne se privent pas non plus pour bombarder le public de confettis, si bien que nous n'étions plus que confettis (malgré le manteau et l'écharpe pour me camoufler, j'en avais dans le pantalon et le pull... !)



En tout, 20 000 kg de confettis ont été lancés lors du défilé... à la fin, il y avait 10 cm de confettis sur la route, ce qui a valu une bonne bataille de... confettis, et non pas de neige comme certains peuvent le faire dans leur contrée nordique !


Voilà, donc ambiance garantie, et très gros délire !

Pour plus de photos, n'hésitez pas à cliquer ici...

lundi 1 février 2010

Calçotada en Valls

En fin de semaine, les Américains qui sont avec moi en cours m'ont parlé d'une sortie à Valls, où il y avait une "fête", mais ils n'en savait pas plus. Motivés pour voir du pays, on a organisé ce petit tour à Valls, ici sur la carte.
Dimanche matin, 10h05, nous prenons le bus pour Valls. "Nous", c'est 4 Américains, 3 Italiens, 1 Anglaise, 1 Allemande, 1 Française et moi.


Arrivés à Valls, on ne pouvait manquer cette "fête" : des voitures étaient déjà garées loin en dehors de la ville et il y avait pleins de banderoles à travers les rues.
En fait, il s'agissait de la 29ème édition de la "Gran Festa de la Calçotada" (en catalan), Valls étant la ville d'origine de la calçotada.


Mais qu'est-ce que la Calçotada ?

La calçotada est la façon traditionnelle de manger les calçots, en Catalogne. C'est une fête conviviale passée entre proches, qui se fait au début de l'année, généralement fin janvier, bien que la saison continue jusqu'à fin mars ou début avril.




Les calçots sont une variété d'oignons catalans, tendres et doux. Ils se couvrent de terre au fur et à mesure qu'ils poussent. Ils sont de la même famille que les poireaux.





Certains pensent que cette culture a été créée par Xat de Benaigues, un paysan qui habitait à Valls, à la fin du 19ème siècle. En tous les cas, les calçots cuits au feu vif sont devenus très popilaires dès le début du 20ème siècle.
Les calçots de Valls sont classés appellation d'origine protégée par l'Union Européenne.




Aux calçotades, on mange les calçots (environ une ou deux dizaines par personne) avec une sauce, salvitxada, qui est proche de la sauce romesco, sauces facilement confondues. Mais avant, pendant la cuisson des calçots, on prend l'apéro avec des chips, des olives, des salades etc. Puis, on profite des braises qui restent pour cuire de la viande (côtelettes de porc et de mouton, du lapin, du poulet, de la ventrèche etc.) et des tranches de pain de campagne grillé. Les boissons typiques sont le vin rouge et le cava (du champagne catalan, justement de la région des calçots).


Ci-contre, la recette de cette fameuse sauce délicieuse... en catalan ! J'ai pas encore réussi à déchiffrer...



Comment cela se prépare-t-il ?




Il faut commencer par couper les bouts des feuilles de calçots trop longues. On ne lave pas les calçots. On les pose ensuite en une seule couche sur une grille directement sur les flammes du feu, traditionnellement avec du bois de vigne. Une fois cuits, les calçots sont enveloppés dans du papier journal par dizaines. Ils se servent dans le papier journal à table (pour nous, c'était du papier alu). Il faut aussi servir la sauce salvitxada et du vin.



Les calçots se mangent avec les mains. Il faut d'abord enlever d'un coup sec les feuilles carbonisées extérieures, puis prendre le calçot par son bout vert et le saucer dans la sauce, enfin le porter directement à la bouche.

Selon la tradition, on utilise également de grands bavoirs que l'on se noue autour du cou.


Comment ça s'est passé pour nous ?




Quand nous sommes arrivés, nous avons déambulés dans les rues, l'occasion notamment de visiter l'Église. A côté du choeur, il était possible de faire une procession devant la Vierge Marie. Chose étrange, les gens embrassait sa robe. Je n'ai pas d'explication à cela.






Suite du parcours, sur chacune des places de la ville, il y avait une animation :
  • préparation des calçots
  • préparation de la sauce salvitxada et dégustation
  • concours des plus beaux calçots
  • concours de la meilleure sauce
  • concours de celui qui mangerait le plus de calçots (le gagnant en a mangé 351 !!!)


Il y avait également beaucoup d'animation :
  • fanfares multiples et variées
  • défilé des géants, de gens à grosses têtes, de gamins etc.

Et le repas, alors ?

Nous avons acheté un ticket pour le "pack lunch".
Dans le pack lunch, il y avait :
  • les 12 calçots dans du papier alu, et non pas du papier journal (je pense que c'est parce que ça garde plus la chaleur !)
  • la fameuse sauce, délicieuse (à base de tomate, ail, huile d'olives, poivron)
  • un petit paquet de noisettes
  • une bouteille de vin
  • une tranche de pain
  • une orange
Chose rigolote après coup : on ne savait pas comment il fallait se débrouiller avec les calçots. On ne savait pas qu'il fallait enlever les feuilles grillés, donc on s'en est mis partout, on avait les mains noires, la bouche n'en parlons pas !




Et donc voilà ce que ça donne ! Ridicule jusqu'au bout avec le bavoir, à tirer la langue en priant pour que la sauce ne tombe pas... !




Pour plus de photos de cette fête qui valait bien le détour, n'hésitez pas à aller voir l'album !


mercredi 27 janvier 2010

La mentalité espagnole, j'adore...

Quelques exemples qui montrent bien le "gap" entre l'ENSIC et ici, en Espagne :
  • les profs sont outrés quand on leur dit qu'à côté du PFE, on a 5 cours, sachant que jusque mi-avril, je n'en ai que 3, ce qui représente 6h de cours par semaine ! "Mais comment allez-vous faire pour vous en sortir entre vos cours et le PFE, c'est mission impossible !"
  • les partiels : pour le cours de management par exemple, 60% de la note correspond à la présence en cours et la participation, les 40% restant, ce sera une rédaction d'un Plan de Développement Personnel...
  • le premier cours de Environmental Engineering a été annulé : "allez voir sur internet la présentation du cours"..., le problème est que je ne suis pas encore inscrite à ce cours, je n'ai pas accès à internet...

Encore beaucoup d'exemples montrant la blague que c'est, que d'être ici !

Je ne me moquerai plus des enviros !!!

Enfin, qui sait, peut-être que le PFE va me prendre tout mon temps libre... Joke !!!

dimanche 24 janvier 2010

La plage - La Playa

Après la soirée bien enfumée de samedi, j'ai décidé (dimanche) d'aller respirer un peu d'air frais et d'aller enfin à la plage (jusque là, je la voyais des hauteurs de la vieille ville, mais je n'avais encore pas trouvé le chemin pour passer sous les rails de chemin de fer qui longent la côte).

Voici un plan de la ville pour que vous compreniez mieux d'où sont prises les photos.

Donc je me suis rendue sur la plage que l'on voit depuis les hauteurs de la ville, qui s'appelle la plage du miracle ou playa del milagro.




Cette photo montre le port, tout au fond à gauche, ainsi qu'une partie de la ville, sur la droite. Elle a été prise depuis la plage.






Celle-ci a été prise depuis la pointe du miracle ou punta del milagro : vous remarquerez que la ville (ou en tout cas, la vieille ville) est vraiment sur les hauteurs, par rapport à la plage. Conséquence de tout ça : se balader à Tarragone relève du sport puisque ça monte pas mal !




De l'autre côté de la punta del milagro, c'était beaucoup plus sauvage et c'était très joli !
On m'a d'ailleurs dit que si on continuait à se balader le long des rochers, on arrivait sur une plage, classée site naturel, à laquelle on ne peut accéder qu'à pied.






Une photo de la plage et de la pointe du miracle au fond, avec ses palmiers !






La conséquence de la présence du port est le nombre important de "bateau cargo" au large. Ici, on les voit peu parce que le ciel était voilé, mais pour un dimanche, il y avait 6 bateaux au large.





Sinon, les abords de la plage sont très bien aménagés : parking pas trop voyant, mais surtout de petits squares très sympas, avec des bancs etc. Voyez par vous-mêmes !




J'en ai d'ailleurs profité, parce qu'en cet après-midi où il a beaucoup neigé à Metz, ici, il faisait suffisant beau et chaud pour que je me promène en tee-shirt... à manches longues, toutefois, je le confesse !


Enfin, rigolo, les arbres qui bordent les routes d'Espagne sont des mandariniers ou des orangers, qui sont très garnis ! Ca fait très coloré, ça sent le soleil !!!!



Soirée turque puis discothèque





Hier soir a été une soirée turque : ma colloc Gozde avait invité quelques amis (de toute origine : 1 Colombien et 1 Colombienne, 1 Chilien, 1 Turque, 1 Français et 1 Italien) et nous 3, ses compañeros de piso.



Elle nous a fait un ensemble de petits plats turcs, parmi lesquels :


Houmous
Kebab
Tzatzaiki (mais pas aux concombres aux courgettes)
Boulgour
Borek aux épinards et aux pommes de terre
Pancar salatasi (salades de betteraves rouges au yaourt)
Caviar d'aubergines au citron
Kofte



Et en dessert, un gâteau de semoule et des truffes de carottes (sans rire, c'était délicieux : carottes râpées, farine, sucre, cannelle (je crois que je n'ai rien oublié), les boulettes roulées dans de la noix de coco rapées (ou pas...) : effet garanti !!!)

Bref, donc c'était délicieux, et on a passé un super moment !!!


La partie beaucoup moins drôle est arrivée après :
  • Comme pour tout le reste en Espagne, les horaires de "bonne ambiance" en boîte, sont bien plus tardifs qu'en France. Ainsi, on ne va pas en boîte à minuit, mais à 2h. Il a donc fallu patienter jusque 2h, et cet attente s'est fait en fumant et buvant... Chouette, dis-donc !
  • A 2h donc, nous voici tous en route pour la boîte. Avantage par rapport à la France, il n'y a pas d'entrée à payer, on peut donc entrer, sortir autant qu'on veut ! De même, pas de vestiaire à payer (donc le manteau à fourrer dans un coin) et les consommations sont beaucoup moins chères ! Inconvénient notable, il est autorisé de fumer dans les bars, restaurants et boîtes : je vous laisse imaginer l'ambiance, un vrai fumarium ! Au bout de 5min, j'avais les yeux exploisés, au bout d'1/4h, la gorge en feu, 1/2h les poumons, 1h je suis partie au bord de l'agonie ! Bref, super les soirées en boîtes !
Mais bon, cela ne semble pas déranger les autres puisque j'ai entendu mes colloc rentrer à 6h du matin...

Heureusement pour moi, l'Espagne est en train d'établir un projet de loi pour interdir la cigarette dans tous les lieux publics (depuis 2006, l'interdiction est valable uniquement pour les lieux publics de plus de 100m² !). L'application de la loi est prévue pour le premier semestre 2010, je prie donc pour que cela se fasse avant que je ne parte !!!




samedi 23 janvier 2010

Recette n°1 : Tortilla patatas

Comment ne pas mentionner la fameuse tortilla patatas dès mon arrivée en Espagne ?


Cette première semaine, mon colloc catalan s'est fait un bocadillo de tortilla patatas, c'est-à-dire un sandwich de tortilla patatas. Je n'ai donc pas pu m'empêcher de lui demander la recette, et il m'a gentiment proposé de m'en cuisiner une. Voici comment procéder :


Préparation : 30 mn
Cuisson : 15 mn

Ingrédients (pour 4 personnes) :
- 6 œufs
- 7 petites pommes de terre
- huile et sel

Préparation :
Couper les pommes de terre en petits morceaux, saler-les.
Jetez-les dans une poêle où elles vont revenir (l'huile peut être d'olive ou de tournesol).
Si on aime, on peut ajouter en même temps : de l'oignon, du poivron, du chorizo, des champignons...en Espagne chacun ajoute ce qu'il veut.
Pas de poivre et pas de lait.

Quand les pommes de terre commencent à être dorées, on les met dans un bol, sans huile.
On les mélange alors avec les 6 œufs battus en omelette.

Pour cuire l'omelette, la poêle doit avoir très peu d'huile ; pour la retourner on utilise une assiette un peu plus grande que la poêle.



En Espagne, on mange la tortilla patatas comme "tapa" o "pincho" vers 12 ou 13 heures, puisqu'on mange vers 15 heures.


En réalité, Cristobal devait me faire la tortille patatas pour "midi", mais à 15h, il n'était toujours pas levé, donc, ne pouvant plus tenir, je me suis cuisinée autre chose !!!

Mias , on peut aussi la manger pour le dîner. Et c'est ce qui s'est passé... repas assuré pour 22h (ce qui était tôt pour lui...) !